« Au secours, je suis patron » de Viviane Ondoua Biwolé

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Le dernier ouvrage du Dr Oondoua Biwolé apparait dès le titre « Au secours, je suis patron ! » comme un cri d’alarme un tantinet curieux. Il n’est en effet pas courant qu’un patron lance un appel à l’aide quant à l’exercice de sa fonction. Le Patron, le boss, le Chef est habituellement droit dans ses bottes. Mais là, l’auteure oblige les managers à travers cette interpellation à faire preuve d’humilité et leur lance ainsi de façon tacite une invitation à se mettre en position d’apprenant. D’entrée de jeu, Viviane ONDOUA BIWOLE distingue à raison, le manager du simple gestionnaire. Si pour elle, « le gestionnaire se caractérise par sa position consacrée par un texte juridique et sa légitimité dans l’ensemble de la gestion des ressources organisationnelles, le manager est remarquable par sa capacité à être performant et à atteindre les résultats ». Le processus de quête des résultats proposé par l’auteure définit quatre paliers à gravir pour répondre à la question fondamentale de l’ouvrage qui, il faut le rappeler est la suivante : Que faire aux premières heures de la nomination ? Et la première réponse est évidente, se remettre en question ! C’est forcément une attitude de sagesse qu’il convient d’encourager chez les managers. En s’appropriant l’organigramme de son organisation, il est évident que le manager procède à son imprégnation mieux son immersion dans ses nouvelles eaux. C’est d’autant plus nécessaire que s’approprier l’organigramme revient à comprendre la réalité complexe que représente l’organisation, définir son territoire organisationnel et identifier les principaux critères d’évaluation de son action. En effet, la complexité de l’organisation vient de ce qu’elle est à la fois un centre de production, un lieu de pouvoir, un lieu de plaisir et de déplaisir entre autres. Elle peut donc être appréhendée selon une logique descriptive ou fonctionnelle. Autant de modèles dont la maitrise permet de positionner son poste de travail avec les interactions visibles parfois cachées et sournoises ! L’essentiel est alors de bien délimiter son territoire. La délimitation du territoire est essentiel car comme le rappelle l’auteure en page 40 et je cite « comme dans l’armée, la territoriale, la communauté, la région, chaque chef dispose d’un territoire, d’un espace de commandement, d’une zone d’influence ». Il faut pouvoir l’occuper, le sécuriser, le viabiliser. Dans un second temps, l’identification des résultats à atteindre et le monitoring des dispositions juridiques particulières liées à la nouvelle fonction sont absolument nécessaires au nouveau patron pour qu’il sache aisément jusqu’où il peut aller et dans quel sens. L’auteure passe en revue tous les outils de planification stratégiques, l’analyse des rapports antérieurs pour identifier exactement les résultats à atteindre et les afficher. Ces résultats seront atteints en respectant les encadrements juridiques et financiers prévus. Toute violation de ceux-ci est susceptible de sanctions. L’auteure rappelle à dessein les fautes de gestion les plus récurrentes commises par les gestionnaires camerounais, de bonne ou de mauvaise foi et parfois simplement par ignorance ! La troisième étape est celle de l’élaboration du projet, entendu comme outil principal de l’action du manager. Comme les deux premiers moments, cette séquence est fondamentale mais faut-il encore comme le souligne à raison l’auteure, que le projet soit judicieusement formulé. En effet, le projet relie deux situations extrêmes et opposées : une situation insatisfaisante (situation actuelle) et une situation souhaitée.
L’ouvrage de 180 pages, judicieusement préfacé par Madame Minette Libom Li Likeng, Directeure Générale des Douanes au Ministère des Finances, a le mérite de servir de guide pratique à une classe de responsables placés si haut qu’ils apparaissent intouchables, autosuffisants et inaccessibles. Ouvrage de très bonne facture, imprimé aux Editions CLE et qui procure une aisance de consommation à son lecteur. Pas étonnant que le succès soit au rendez-vous. Le livre est classé meilleur vente des éditions CLE pour l’année 2014 avec en moyenne 100 ouvrages vendus par mois! « Au secours, je suis patron ! » a par ailleurs été retenu parmi les trois ouvrages ayant marqué l’année 2014 par le quotidien public Cameroon tribune.
Par Alain Denis Mbezélé

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