La Craie noire de Kayabochan : le roman noir de la profession d’enseignant

La Craie noire de Kayabochan (Pseudonyme de Chantal Bonono) est un roman qui peint avec humour les réalités qui se cachent derrière le métier d’enseignant. Charlie, le narrateur, nous ballade, à travers ce roman, dans les couloirs du « meilleur choix », lycée dans lequel nous verrons les différentes facettes du métier d’enseignant en passant par les rivalités entre professeurs, dont certains bénéficient de nominations et promotions grâce à la providence, qui les a fait appartenir à telle ou telle tribu, ou encore grâce à leur carnet d’adresses rempli surtout de « bonnes » adresses, ou tout simplement parce qu’elles – pour le cas des femmes – ont la chance d’être nées femmes, usant ainsi de leurs charmes pour gravir les échelons. Les salaires minables des enseignants ne leur permettent même pas de vivre décemment : Charlie n’arrive pas à se marier avec sa douce Nicole, parce qu’asphyxié par sa famille dont il supporte tout seul les dépenses. Les problèmes financiers, associés à l’indiscipline des élèves, rendent les enseignants du « meilleur choix » indisciplinés, privilégiant ainsi leurs affaires personnelles à leur travail, dans le but de joindre les deux bouts. Certains se livrent à des relations coupables avec les élèves, entraînant ainsi des bagarres au sein de l’établissement. La Craie noire fait le tour de la vie de l’enseignant camerounais, et même du système qui dirige l’éducation, notamment l’éducation secondaire. L’auteure fait ainsi la satire du métier d’enseignant, avec une simplicité et une pointe d’humour non feinte. Elle éveille chez le lecteur une prise de conscience, par rapport aux différents problèmes que vivent les enseignants, mais elle s’adresse aussi à l’administration, qui n’est pas toujours juste et équitable dans sa façon d’administrer, dans son attribution des nominations et promotions. Quoique satirique, La Craie noire exalte le noble métier d’enseignant, et nous pousse à admirer ceux-là qui distillent le savoir, et qui restent fidèles à leur vocation malgré toutes les difficultés.

Mélodie Ngono Bessala Ribouem
COUVERTURECOUVERTURE2

2 Comments on this post

  1. Du bon boulot pour Chap Chap et ses pros!

    Chantal BONONO / Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*