Le festi-bikutsi s’internationalise

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Sénégalais, autrichiens, tchadiens et français, sont venus apporter à la plus grande fête de la musique bantoue un éclat d’un rayonnement singulier.
Ils étaient tous là ou presque. Artistes musiciens, promoteurs culturels, journalistes et mécènes, amassés autour de René Ayina, Directeur Général du festival, ici dans les locaux de l’entreprise Eneo au camp sonel d’essos à Yaoundé, pour donner sens à cette belle aventure, qui tutoie sa vingtième année d’existence. Un camp sonel devenu au fil des années qui passent, une véritable légende du festibikutsi, lieu où s’est écrit avec aisance les pages entières de cette histoire exceptionnelle, qui chaqu’année, honore avec fidélité, le rendez-vous presque mécanique, qu’il donne à ce nombreux public, mélomanes de la première heure. Cette année n’aura donc pas fait exception à la règle. Depuis lundi dernier en effet, les portes sont grandes ouvertes, pour accueillir le maximum du public, qui fera le déplacement d’ici, question de se donner un peu du bon temps, de s’autoriser quelques grands airs de flottements, d’apporter de l’harmonie dans leurs esprits, en s’écoutant quelques sonorités suaves du bikutsi. Cette année, c’est le même décor aussi, à quelques exceptions prêtes, quasiment les mêmes visages, le même podium, la même joie de se retrouver là pour faire la fête. Cette année, c’est la même organisation, les mêmes articulations, les mêmes prétentions. Cette année, c’est simplement la continuité du travail, du chemin tracé, des conquêtes entamées, des défis à relever. Cette année, c’est aussi la traditionnelle conférence de presse. Exercice familier, mais toujours bien couru de tous et par tous. Cette année, c’était dans une salle quasiment pleine qu’elle s’est déroulée, devant un auditoire de qualité, venu en ces lieux, étancher leur soif d’informations, sur les quelques incertitudes qui, jusque-là, continuaient d’entretenir le flou dans les esprits de nombreuses personnes. La présence très incertaine de Lady Ponce, mascotte du festival, sur les planches du camp sonel ce jeudi, incertitude née du climat conflictuel qui arrose la France, lieu de résidence de l’artiste, suite aux attentats terroristes, entrainant de nombreuses victimes, chose ayant occasionné la fermeture des frontières, rendant pénible le moindre déplacement. Même si l’entourage de l’artiste avance des raisons de non respect des engagements contractuels par le comité d’organisation. Autre sujet ayant ponctué la conférence de presse de cette année, c’est l’exportation du bikutsi vers des horizons nouveaux, n’ayant à l’évidence aucun lien direct ou indirect avec ce rythme. La présence dans le panel des membres de la caravane itinérante Africa fête, venus de Dakar au Sénégal, territoire où cette campagne prendra corps voilà maintenant trois années, cette présence donc, témoigne de cette volonté. Dans le même sillage, il faut signaler la présence du groupe D6BEL, venu du Tchad, pour prendre part à cette grande fête de la musique bantoue. La conférence de Mercredi dernier aura été aussi l’occasion de communier à nouveau avec l’artiste VERO La Reine, après 27 années d’exil volontaire en Autriche. Elle revient donc au Cameroun, forte d’un album 100% bikutsi, réalisé avec les artistes autrichiens, eux-mêmes présents à cette conférence. Govinal Djinga ESSOMBA, le patriarche du bikutsi, avec près de 150 chansons, était là, lui aussi, comme chaqu’année, pour soutenir cet évènement. Le festival cette année, ne rendra pas hommage, comme les années précédentes à une grande figure de la musique camerounaise.

Crédit photo Une: CulturEbene
Christian ESSIMIFesti3