Nubians (Hélène) : « Nous fêtons nos 20 ans de carrière cette année »


Alors que deviennent les Nubians?

Les Nubians vont bien, nous fêtons les 20 ans de carrière cette année. Nous avons commencé avant les albums, nous avons commencé en créant d’autres groupes au départ, Nubian Sis et Nubian Cruz. Les gens nous connaissaient sur scène avant de découvrir notre album.

Le déclic?
On avait comme idéal les chanteuses de jazz, nous avions à peu près 20 ans, très vite nous avions une proposition de disque de Virgin France

Virgin France
Ils nous ont appelés pour une compilation de Jazz, le directeur de projet nous a trouvé épatantes et nous a proposé de nous produire, alors que le plus important pour nous à ce moment était la scène. Ce n’était pas vraiment un rêve, moi je voulais être spécialiste du Droit d’auteur car j’ai fait des études de Droit, je ne me voyais pas musicienne professionnelle.

Que penses tu du Droit d’auteur au Cameroun

Aujourd’hui en 2016, ce n’est plus important, avec le nombre de copies illégales, des sorties digitales, il faut réfléchir plutôt comment bien rémunérer les artistes lors des concerts. Il faut changer de business plan et créer des opportunités de concerts, le public est-il prêt à payer pour voir ses stars.
Si on t’appelait pour la gestion ?
Non, pas intéressée, les prédécesseurs ont tous eu des problèmes, mais me battre pour défendre le copyright à l’étranger, Pourquoi pas. Il y’a un système avec les nouvelles technologies qui va permettre de rémunérer les artistes de manière égalitaire et transparente par le business digital.

Après 2011, plus rien ?
Non, il y’a eu des collaborations avec un fantastique rappeur ghanéen Blitz The Ambassador, puis Dj Boddhi Satva, DJ centrafricain, un album très cool, on continue les collaborations.

On ne vous a jamais vu sur scène au Cameroun
Bizarre, nous n’avons presque jamais fait un concert au Cameroun, nous faisons un appel au promoteur pour qu’on puisse programmer un concert de 90 minutes avec les Nubians et leurs musiciens. Nous n’avons pas de producteurs locaux, mais je regrette qu’on ne puisse pas nous inviter alors qu’on invite Richard Bona, Tonton Manu AVEC leurs musiciens, leur groupe. Nous avons des musiciens extraordinaires, que le public devrait découvrir.

Parles-nous des Nubians

Deux sœurs, deux mères de famille, 20 ans de carrière, des sœurs qui n’habitent pas ensemble, pas jumelle, avec 4 ans d’écart. Qui ont fait de la musique contre vents et marées. J’ai continué mes études de Droit, Celia a arrêté un peu plutôt ses études de sociologie. Ma sœur à les traits de ma mère, mais difficile de dire qui a gagné entre papa et maman. 4 albums, on prépare des enregistrements spéciaux pour les 20 ans. Mais peut-on encore parler d’ albums à l’heure du digital ?

Des hommes vous regardent en route tous deux ?
Oui, tous les jours, on nous confond souvent Celia et moi. Même à New York. Même si on a des caractères différents. On ne fait pas la même chose, on n’a pas la même voix.

Vous êtes attachées au Cameroun ?
Oui beaucoup, la dernière fois que je suis venu ça fait 4 ans, mais la distance ne nous permet pas d’y être chaque année comme quand on était en France. Mon attachement au pays je le dois à ma mère. On a beaucoup visité les chefferies. Et ‘espère visiter encore plus le Nord Cameroun, qui a une beauté saisissable, avec un paysage extraordinaire, avec un peuple accueillant. Je vous rappelle que j’ai grandi au Tchad.

Et vos maquillages ?
On le fait en hommage à Fela Kuti, j’aurais aimé être une de ses épouses (rire). Un ami au Nigeria nous appelle les Fela féminines, ma sœur et moi avons décidé d’aborder ce côté. On grandit avec une femme qui célébrait la femme africaine, merci maman. Elle nous demandait de faire nos vêtements chez le tailleur, qu’on devait éviter de manger quelque chose de transformé, pas de maquillage, on est restée naturelle. Je suis végétarienne, on utilise les produits de l’artisanat de l’Afrique. On s’est toujours inscrite dans la beauté naturelle africaine.
Un prochain spectacle

Oui, d’abord à New York le 21 avril puis le 25 juin, Hartford-Connecticut septembre 2016, puis l’Afrique du Sud, novembre 2016 et espérant qu’on pourra faire un spectacle au Cameroun en fin d’année.

Que penses-tu de la musique camerounaise?

J’aime beaucoup la musique camerounaise qui est diverse et variée, avec des individualités fortes, la new génération ou la old school chacun tient la route. J’aime beaucoup les musiciens, les guitaristes, les bassistes, ils ont un rôle à ne pas négliger. J’en profite pour tirer un coup de chapeau à tous ceux qui nous assistent Fred Doumbé, André Manga, Tonton Manu, Richard Bona, les Macases, Etienne Mbappé…

Si on te dit « Coller la petite »
Je danse ! Je suis aussi DJ, donc comme tout est accessible sur internet on sait ce qui se passe. Très heureuse pour lui, pour Stanley Enow, Gasha aussi, je me réjouis de leur succès. La musique parle d’elle-même, la musique de la diaspora africaine est jouée dans les soirées américaines où on ne l’imaginait pas il y a juste un an de cela.

Que penses tu de Stanley Enow?
Il est hyper dynamique et très bien organisé. Il sait utiliser les réseaux sociaux.
Les artistes 5 du pays ?!
Voici mes goûts musicaux : Franco, Gasha, Danielle Eog, Blick Bassy, j’ai une tendresse particulière pour Lady Ponce et j’ajoute Jacques Sango une merveille à venir.

Ton goût alimentaire ?
Végétarienne, mais quand je suis au Cameroun, je vais néanmoins au 50-50. Nous avons encore de la chance d’avoir des produits de qualité au pays.

Tu viens au pays t’installer ?
Oui j’adorerais quand j’aurais trouvé une activité pérenne au pays.

Parlons du football camerounais
Imaginez quand les Lions jouent mon cœur bat pour le vert rouge jaune, mais j’ai pleuré quand on a perdu à la dernière Coupe du Monde. Mon joueur préféré est Samuel Eto’o et je suis contente de son investissement fait au Gabon et au Cameroun, il a beaucoup donné au football. S’il prend sa retraite comme annoncé, il aura tout donné.

Lis-tu la presse camerounaise ?

Oui particulièrement sur le Net, je n’ai pas de télévision à la maison, je ne regarde pas la TV en général, Mais j’écoute la radio toute la journée. J’ai plus confiance à la radio qu’à la TV. Les images mentent souvent. Mon oreille fonctionne mieux.

Parlons de Monique Koumatekel

C’est révoltant, on se demande où va-t-on ? Le respect la vie humaine ? A-t-elle une valeur ? Les images visibles sur internet sont assez parlantes.
C’est qui votre idole ?
Fela Kuti et Winnie Mandela (cette dernière prenait tous les coups pour lui, quel courage !.)

Que fais-tu en dehors de la musique ?
Je suis artiste, j’écris pour un magazine Devoir de mémoire, qui sort en France le 24 mars, je travaille sur mon prochain livre et des scénarii de films, et j’ai créé une ligne de cosmétique bio : Nu Organiks, les produits sont disponibles sur internet. (www.nuorganiks.com). Célia a créé le Cabaret noir, elle a un show d’ailleurs le 25 mars, elle intervient en tant que Blue Néfertiti. Nous avons notre société qui gère notre business artistique. Mais avec le temps on va déléguer pour que je puisse me consacrer à l’écriture.
Interview réalisée par Joseph Dzéné