Sr Josephine Calixte Ndzana, religieuse, journaliste, interprète et doctorante

“Sans blagues, tu es une bonne sœur?” … Une réaction par rapport à la réponse que je donne à plusieurs qui me demandent très souvent mon statut civil. Je suis le 4ème enfant d´une famille de 5, soit 2 frères et 2 sœurs. Une enfance assez ordinaire passée à Yagoua, dans l´extrême nord du Cameroun, de la maternelle jusqu´à l´obtention de mon Baccalauréat A4 Allemand au Lycée Classique de Yagoua. J´étais une chrétienne comme beaucoup d´autres, venant déjà d´une famille assez pieuse, chrétienne catholique romaine. Un Père assez rigoureux et soucieux de voir ses enfants être une réussite tant sur le plan académique que social. Il avait voulu que je sois Journaliste ou diplomate, encore que je n´étais pas cancre vu mes résultats qui l´enchantaient énormément. Cependant dans ma paroisse Saint Paul, j´étais membre de plusieurs groupes, Jeunesse étudiante chrétienne, chorale, servant(e)s d´autel, Légion de Marie, J´ai vite développé une curiosité religieuse. De ce fait j´ai commencé à côtoyer les religieuses présentes en paroisse et au-delà. J´appartiens à la congrégation des Sœurs Servantes du Sacré Cœur de Jésus, avec des communautés présentes en France, Belgique, Colombie, et Mali et deux autres branches de notre fondateur en Autrichienne/ Allemande, Anglaise/Irlandaise. Une communauté qui avait été fondée par le Père Pierre-Victor Braun en 1866 avec pour mission de « contempler et célébrer l’Amour gratuit du Sauveur, suivre le Christ Serviteur, témoigner de la miséricorde du Seigneur par une présence simple et cordiale, vivre en amitié avec les plus démunis, répondre aux appels du temps dans un esprit de service et de joie ». Cela veut dire que les Sœurs Servantes du Sacré Cœur de Jésus sont envoyés à servir partout où le besoin se fait sentir au sein l´Eglise et dans la société en général. Être religieuse a donc ses défis comme tout autre vocation. C´est une vocation souvent pas très comprise par la société et même les chrétiens ont des clichés concernant la vie religieuse. Les prêtres, sœurs ou autres personnes consacrées sont des « surhumains »…Non ! Ma congrégation m´a envoyé faire des études en Allemagne, où j´ai obtenu un Bachelor of Arts en Langues et Communication, équivalent de la licence. J´y ai étudié la linguistique allemande afin de m´outiller pour les traductions utiles au sein de notre communauté. Et après avec les différents besoins qui se présentaient, J´ai fait un Master en Etudes de la Paix en Angleterre et je suis en cours de préparation d´une thèse de doctorat en France sur le non-recours aux droits des femmes africaines, victimes de violence conjugale en France et en Suisse. Lorsque je vais pour des séminaires ou des colloques, plusieurs sont surpris d´apprendre que je suis une « bonne sœur » … car pour eux il faut étudier que de la théologie si on est religieux. J´ai fait tour à tour des stages dans avec des magazines de la diaspora africaine en Suisse et au sein de la mission permanente de la république du Cameroun auprès des nations unies et d´autres Organisations à Genève. Plus « bizarre » encore pour d´autres me trouver dans ce milieu… Mon Master en études de la paix m´a aidé à cerner les difficultés d´une résolution de conflits autant sur le plan personnel, interpersonnel, national et international. Pour aider des communautés en conflits, réduire les risques de conflits, maximiser les conditions pacifiques, les notions spirituelles, la prière sont nécessaires, et les notions académiques sont un très grand plus. La thèse que je prépare est une voix pour ceux qui n´ont pas de voix ou dont les voix ne sont pas suffisamment entendues. De surcroit, je suis membre du bureau de la Plateforme de la société civile Suisse sur les migrations et le développement par Caritas et Helvetas, pour coordonner les échanges entre les organisations suisses des migrations et les acteurs de ce domaine, afin d´acquérir des connaissances et des compétences en la matière.
Par Joseph Edzéguésr calixthe doctorante