Une association sahélienne à Kolofata pour la santé

Le 23 avril dernier, l’Association Sahélienne pour la Santé et la Protection (ASSAP) a mené une opération d’assistance médicale d’urgence auprès de réfugiés nigérians. 276 personnes âgées et enfants sont arrivés spontanément dans la localité de Kolofata, région de l’Extrême-Nord du Cameroun. L’équipe constituée d’un médecin, d’infirmiers et d’aide soignants, a pu apporter une aide médicale auprès des familles venues du Nigeria. « Nous avons recensé 276 personnes, majoritairement des hommes âgés, des femmes et des enfants. Ces familles arrivent dans des conditions difficiles et attendent soit d’être envoyées dans le seul camp des réfugiés de la zone, à Minawao, soit de rejoindre la ville Nigériane de Banki où elles sont accueillies par l’armée nigériane. Mais en attendant, ils ne disposent quasiment de rien : pas d’eau, pas de nourriture et pas d’abris », a indiqué Emile Fanwa, secrétaire exécutif de l’ASSAP.

« Les réfugiés sont arrivés dans le dénuement total. Nous avons pu consulter 109 patients au cours de la seule journée. Il ressort qu’ils souffrent de maladies hydriques telles les diarrhées, la dysenterie, les amibiases et de paludisme. L’eau que ces réfugiés boivent est de très mauvaise qualité, et peu disponible en saison sèche », a expliqué le Dr Bruno Natolga, volontaire de l’Association.

Depuis le début de la crise engendrée par l’insurrection du groupe armé Boko Haram dans le Nord-Est du Nigeria, et sur la frontière camerounaise, Kolofata a constitué l’un des principaux points d’entrée des populations nigérianes qui cherchent refuge au Cameroun. Cet afflux s’est intensifié avec les opérations militaires de grandes envergues conduites ces derniers mois par la coalition des pays du bassin du Lac Tchad, dans l’Etat du Borno. Avec près de 30.000 personnes recensées ces derniers mois, les ressources en eau et en nourriture sont introuvables pour les plus faibles.

L’Association Sahélienne pour la santé et la Protection est une initiative de jeunes hommes et femmes, et dont le principal objectif est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des personnes en situation de détresse, indépendamment de leur sexe, religion ou appartenance politique. Le 9 avril 2017, une équipe de l’ASSAP a effectué une évaluation des besoins dans la ville de Waza (Département du Logone et Chari). Le rapport à paraître dans les prochains jours identifie deux principaux besoins, notamment dans
le domaine de l’eau et de la santé.
Par Bernard Edzégué