Germain Onogo : « Mes galères ont contribué au succès de mes entreprises »

Si tu te présentais à nos lecteurs

Je me nomme Germain Onogo, 46 ans en décembre prochain, camerounais originaire de Nkol-Mgbana (Sa’a), résident à Paris depuis bientôt 7 ans. Analyste Financier de formation, j’ai fait une carrière de manager supérieur dans les multinationales du secteur pétrolier, du transport et de la logistique les dix dernières années de ma vie avant mon installation définitive en France.

Comment un africain réussit-il à avoir autant de qualifications?

Je pense que c’est la conséquence de plusieurs facteurs : mon histoire personnelle marquée par la misère ambiante tout au long de mon adolescence, la détermination de relever le défi de partir de rien et pouvoir m’imposer dans un environnement à priori hostile au fils de paysans que j’étais, et enfin un engagement sans faille dans le travail perpétuel ! C’est ainsi que pas moins de 30% de mes revenus de près de 10 ans de ma vie professionnelle étaient réinvestis dans la formation…

Que fais-tu en France?

Arrivé donc en décembre 2010, je crée ma première entreprise en janvier 2011, un cabinet de conseils en investissements en France et à l’étranger : Europe Afrique Investissements sarl. Ça sera une belle expérience qui m’a mûri : malgré mon visa alternatif, je n’avais pas d’autorisation de travailler en France et ne pouvais par conséquent en être le responsable légal. Obligé de recruter et rémunérer des responsables légaux, j’ai connu toutes sortes de galères qui sont l’une des raisons de mes succès actuels
Aujourd’hui donc, je suis un homme d’affaires à la tête d’un groupe de plusieurs entreprises dont j’espère que nous pourrons en parler.

Parlons-en

Onogo & Partners Holding est le nom de mon groupe. Nous sommes présents en Angleterre (Londres), France (Paris, Strasbourg, Nice), Cameroun (Yaoundé), Côte d’Ivoire (Abidjan). Nos activités vont de l’assistance-conseils en management pour les entreprises, les missions diverses pour les états, en passant par le nettoyage industriel, le BTP et la formation. Les services généraux aux multinationales

Parlez-nous des JICT

Les Journées Internationales de la Collectivité Territoriale, sont un événement annuel que nous avons créé, et dont la première édition se tient à paris la dernière semaine du mois de juin prochain. Les prochaines éditions se tiendront dans d’autres pays en fonction des accords avec les partenaires.

Quels sont les objectifs?

Ces journées sont un espace exceptionnel de rencontre et d’échanges entre les responsables des collectivités territoriales d’Afrique et celles d’occident, avec pour objectif clair, la conclusion de partenariats.

Avez-vous déjà des confirmations et faut-il pour y prendre part?

A la différence des multiples événements de même type qui existent déjà, nous avons mis un accent sur l’encadrement et l’accompagnement des mairies africaines, afin qu’elles puissent tirer un meilleur parti de ces rencontres. Il s’agit à travers nos représentations directes et partenaires d’Afrique, de les assister dans la conception et l’élaboration du document cadre présentant et ventant les atouts de leurs collectivités, le choix des potentiels partenaires et l’assistance lors des négociations jusqu’à la conclusion des partenariats.

Qui est attendu ?

Les maires et leurs principaux collaborateurs, les représentants de l’état central de chacun de nos pays en charge des questions de décentralisation, les ONG et autres acteurs du développement local et de la décentralisation. Par ailleurs, la première édition, 2017, prévoit la participation d’une grande entreprise qui fournit des systèmes de traitement des déchets ménagers, en vue de la négociation des partenariats qui ne coûteront aucun euro d’investissement à nos collectivités territoriales, pour la mise en place de concessions.

Combien de participants pour y prendre part?

Ces concessions, non seulement régleront le problème d’assainissement, mais également créeront des emplois en créant une valeur ajoutée à travers la production d’engrais naturels 30 fois plus efficaces, et un input dans le domaine de l’énergie par la production du biogaz. Pour toute l’Afrique francophone, nous avons réservé uniquement 30 places, compte tenu du fait que c’est la première édition, et des contraintes de temps. Le 10 mars dernier, nous avons convié et reçu des représentants des représentations diplomatiques de nos pays à Paris dans nos locaux, et espérons que ces dernières ont suffisamment relayé l’information auprès de leurs états centraux, ainsi que les collectivités territoriales.

Au finish, comment allez-vous évaluer cette première édition?

Notre évaluation portera sur l’atteinte de notre objectif central : la conclusion de partenariats.
Le nombre de participants, sans être un élément négligeable, ne représente pas une donnée essentielle. Notre modèle veut mettre fin aux voyages sans retombées de nos élus, organisés par des charlatans motivés uniquement par le goût du gain…

Quels sont vos projets futurs?

Ils sont nombreux dont un en cours, et un autre dans un an environ :
Le projet en cours : l’IPMS-Paris (Institut Panafricain de Management et Stratégies de Paris. Cette institution qui a vocation à renforcer les capacités des cadres des secteurs privé et public africains, organise son premier séminaire au mois de septembre 2017 à Paris. Le projet à venir : l’installation d’une pépinière d’entreprises à Sa’a, pour donner une chance à nos jeunes frères de se lancer dans l’entreprenariat

Interview réalisée par Joseph Edzéguéimps